Au début réticent à l'idée de me rendre à ce spectacle, j'ai succombé à l'envie de me rendre à cette représentation hier soir. Loin des premières et
autres soirées préparées à souhait pour que les mondanités et les critiques jettent l'opprobre sur les artistes.
réticent ? pourquoi ?
Le roi soleil m'avait tellement fait revisiter notre propre histoire, révélé le talent d'un Christophe Maé, emballé par l'avalanche de tableaux parfaitement ciselés que la peur d'une déception sans
doute, me freinait dans cette envie de m'y rendre.
Le rideau fermé, la lumière s'éteint et voilà que la scène s'ouvre devant nous telle la mer face à Moïse.
Inutile de vous préciser que la féérie est une nouvelle fois au rendez-vous, dans un genre, un univers différent mais avec une maestria de tous les instants.
Un spectacle de Kamel Ouali ne ressemble jamais à un autre. Bien sûr, sur la scène on sent au travers des chorégraphies la patte du maître de ballet. Les artistes, chantent, dansent, virevoltent,
tournent, vont, viennent, flottent... Ils sont tour à tour légers, aériens, profonds, violents, emplis de tourments, passent du rire, de la frivolité à la sensualité, à la grâce, au charme, à la
peur, la peine, la détresse, du rire aux larmes...
La fresque nous entraine au plus profond de l'Egypte, crochète par une Rome Dantesque, Cléopatre attise nos vies et se bat comme une femme d'aujourd'hui qu'elle était...
Emballant, enrichissant, époustouflant, endiablé, enjoué... Bref une nouvelle fois pari réussi Mr Ouali.
Bien sûr la qualité des artistes est à signaler, les chanteurs, les danseurs, gymnastes, acrobates, techniciens, décorateurs, accessoiristes, costumiers... Mais la rigueur, le talent, l'imaginaire
que mobilise ce chorégraphe des temps modernes est louable et admirable.
Comme souvent et même si les prestations scéniques des rôles titres sont impeccables, (Sophia Essaidi en tête), cette comédie musicale nous révèle deux talents à suivre... Dominique Magloire pour
sa voix et la prestance qui rend la scène presque trop petite pour elle et Medhi Kerkouche qui interprète Ptolémée frère de la reine d'Egypte et qui n'est pas sans rappeler un autre frère devenu
célèbre depuis...
Je termine simplement en disant l'admiration qui peut être la notre pour le metteur en scène par l'investissement qu'il met à travailler dans l'accomplissement et l'aide qu'il apporte aux jeunes
qui s'investissent dans ces métiers si durs.
Il n'oublie pas d'où il vient, sait où il va, montre le chemin aux cadets, et dans une ère où l'on parle trop de discrimination positive, il replace la seule vérité, celle du travail et de
l'investissement personnel.
Il prend et il donne, Chapeau.
Seul bémol et fausse note, le prix des places encore un peu élevé pour que les plus modestes puissent y assister, et le prix des programmes (20€) exorbitant. (un roman comme le mien se vend en
moyenne à 15€).
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